RÉVOCATION DE L'ÉDIT DE NANTES   1685

Les protestants ,vaincus dans leurs dernières révoltes, avaient obtenu de Louis XIII en 1629,l'Edit de Grâce ou d'Alais qui confirmait celui de Nantes. Le Roi leur avait laissé, le droit d'exercer leur culte, en les exhortant "a se dépouiller de toute passion pour revenir au Giron de L'église".La conversion des hérétiques , c'était l'espoir ou le voeu de toute la France sous l'impulsion des maux qu'avait causé la guerre civile. C'était le but que Richelieu ,lui même s'était proposé d'atteindre peu à peu en employant les moyens de persuasion et de rigueur . Il avait ajouté des pensions fournies par une caisse spéciale, qui disposait chaque année de 30 à 40.000 livres. Les protestants les plus illustres, eux qui, avaient rendu des services éminents comme Sully, Gassion, et Turenne étaient les seuls admis aux faveurs du Gouvernement, ce qui indiquait que les autres seraient exclus des emplois publics. On a établit quelques troubles, que les intendants réprimèrent. Le "petit troupeau broute de mauvaises herbes disait Mazarin mais il n'en s'écarte pas". Les protestants n'ayant plus de chef audacieux et de places fortes ,ni d'organisation entamèrent des négociations pendant la Fronde avec le Grand Condé et plus tard avec Cromwell.

Louis XIV adopta le système en rigueur , et la persuasion, il supprima des prêcheurs jugés illicites, ne permit plus de colloques, ni synodes nationaux, et défendit l'émigration. En même temps ,il cherchait à faire des conversions ,par des promesses, et des faveurs. et jouit sur l'éloquence de Bossuet. Turenne fit par conviction ce qu'il avait refusé de faire pour l'épée de connétable ,il adjura l'hérésie. Ces conversions émurent des protestants ,ils en conçurent des craintes qu'accrut d'ailleurs la guerre déclarée à leurs coreligionnaires de Hollande

L'unité religieuse

Louis XIV songeait , en effet à rétablir en France l'unité religieuse, comme une garantie nécessaire de l'unité politique. représentant de la Monarchie catholique en absolue, il souffrait avec peine que dans son royaume des sujets soient hérétiques, et hostiles au pouvoir royal. On les accusait d'applaudir les succès des calvinistes Hollandais, et seraient même prêt a soutenir un débarquement de l'Amiral Tromp sur les côtes de Guyenne et du Poitou . Détestés des catholiques dans certaines provinces ,ils étaient un sujet continuel d'inquiétude ,et pouvaient être des sujets sérieux avec le secours de l'Étranger

PRINCIPE DE TOLÉRANCE - 17ème siècle

Le principe de tolérance, proclamée dans certaines limites du traité de Westphalie n'avait pas encore pénétré dans les moeurs des populations, ni inspiré la conduite d'aucun gouvernement.

Louis XIV suivit plutôt qu'il ne provoqua, et ne songea pas  a révoquer cet édit de Nantes, non plus les édits pris par son père et son aïeul, il travailla plus activement à extirper l'hérésie en favorisant les conversions et en traitant avec vigueur les dissidents opiniâtres.

Ceux qui adjuraient étaient exemptés d'impôts et admis de préférence aux charges civiles et militaires. Ils recevaient des pensions sur les fond d'une caisse spéciale, et à Paris et a St Cyr, on fondait des maisons de refuge pour les nouveaux convertis. Les gouverneurs, les intendants, et autres fonctionnaires rivalisaient de zèle pour assurer leurs missions . Les conversions étaient si nombreuses que Mme de Maintenon écrivait" Bientôt ,il sera ridicule d'être de cette religion là .. "

 Le gouvernement employait des moyens de rigueur : défense de s'intituler "ministère de la parole de Dieu " et d'appeler leur religion " réformé " ,défense à tous les calvinistes d'exercer les fonctions publiques, ou les professions libérales et même dans les corporations d'artisans, suppression des Chambres ini-parties qui leur avaient été accordés dans les parlements de Bordeaux, de Toulouse , et de Grenoble, interdiction de leurs écoles et démolition des temples bâtis depuis 1598, surveillace accrue de leurs obligations, interdiction de loger dans leur maisons des soldats chargés de protéger les missionnaires catholiques. Les dragons se distinguèrent par des excès ,par des violences , connues sous le nom de "dragonnades ". Pourtant ces "dragonnades " ne coûtèrent la vie à personne . Louvois les avait autorisés , Louis XIV les désapprouva.

La Hollande, l'Angleterre et le Danemark, autant par intérêt, que par sympathie ,cherchèrent à attirer les protestants par des offres avantageuses. Quelques uns parvinrent à sortir de France, malgrè un édit royal  qui défendait l'émigration sous peine de galères. 

Les protestants avaient formé des organisations militaires secrètement, dans le Dauphiné, le Languedoc et le Vivarais . Au signal convenu, ils prirent les armes ,s'emparèrent de quelques châteaux et menacèrent les catholiques"" de faire des exemples ""Les troupes royales dispersèrent les rebelles , mais les populations n'en craignirent  pas moins le renouvellement des anciennes gardes civiles.

 L e gouvernement redoubla d'effort pour vaincre la résistance des hérétiques. Louvois leur imposa de nouveau l'obligation de loger les soldats ,les intendants prodiguèrent, les promesses et l'argent. Sur plusieurs bourgades et des villes entières ,cédant à la peur ou à la persuasion, demandèrent à enter dans le sein de l'Église.

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